Programme du Colloque



XVIIIème Colloque de l'Aidelf

Blahima Konaté Centre Muraz, Burkina Faso
Abdramane Berthé (Centre Muraz, Burkina Faso), Fatou Tou (Centre Muraz,Burkina Faso), Hervé Hien (Centre Muraz, Burkina Faso), Fatoumata Badini/Kinda (Université de Ouagadougou, Burkina Faso), Maxime Drabo (Institut de recherche en sciences de la santé, Burkina Faso), Jean Macq (Université Catholique de Louvain, Belgique), Abraham Franssen (Université Saint Louis de Bruxelles, Belgique)

Prise en charge familiale des personnes âgées souffrant de diabète au Burkina Faso : choisir entre son mari et sa mère.

Résumé:
Au Burkina Faso, les changements dans les habitudes alimentaires, les modes de vie et l'augmentation de l'espérance de vie ont entrainé l'émergence de nouvelles maladies de la vieillesse comme le diabète. L'État n'étant pas pourvoyeur de soins (caregiver) à domicile, les filles, les belles-filles, surtout en cohabitation intergénérationnelle familiale deviennent les piliers des soins aux personnes âgées. Dans un contexte de transformation de la structure de la cohabitation intergénérationnelle, vaut-il mieux pour une femme mariée de consacrer plus de temps pour prendre soins de sa mère ou pour satisfaire à ses obligations conjugales ? La méthode mise en œuvre pour répondre à cette question a été celle de l'analyse en groupe. Elle consiste à réunir une douzaine de participants concernés par une même problématique pour analyser les enjeux à partir de situation concrètes qu'ils ont eux-mêmes vécus et présentés sous forme de récits avec l'appui des chercheurs. Dans cette étude, elle a regroupé les acteurs intervenant dans la prise en charge des personnes âgées à Bobo-Dioulasso et s'est déroulé du 13-15 mai 2014. Les analyses du récit indiquent que lorsque la cohabitation intergénérationnelle notamment celle qui regroupe les parents âgés, leurs fils, les belles-filles et filles est perturbée, c'est à la fille mariée que revient le rôle de prendre soin de ses parents âgés. Mais sa disponibilité pour soutenir ses derniers dépend de la bonne volonté du mari. C'est ainsi que dans le récit, la fille mariée vient pallier l'absence de son frère et de l'épouse de ce dernier en venant passer toute la journée avec sa mère souffrant de diabète et ne rentrant que la nuit. Ce qui va être source de tension entre elle et son époux ayant entrainé leur séparation. De façon unanime, les participants ont apprécié négativement l'attitude de l'époux qui, selon eux devait au contraire soutenir son épouse pour soigner sa belle mère. Ce qui montre le décalage entre ces représentations collectives et les pratiques réelles dans les relations entre les personnes âgées et leurs descendants. Ces résultats montrent que si les femmes sont les principales pourvoyeuses de soins, elles courent des risques qui peuvent être préjudiciables pour elles quand elles se retrouvent comme divorcées soignantes et soutien de leur propre famille.

Aidants familiaux et genre
mercredi 29 aot 2018