Programme du Colloque



XVIIIème Colloque de l'Aidelf

Julien Bergeot Université de Cergy Pontoise, France
Roméo Fontaine (Ined, France)

Quel accès à l'assurance dépendance en France pour les individus les plus à risque ?

Résumé:
Selon les dernières estimations de la DREES, le reste à charge associé aux dépenses de prise en charge de la perte d'autonomie sont d'environ 700 euros/mois en moyenne. Le reste à charge est cependant très variable. A domicile, où la population est en moyenne moins dépendante, le reste à charge est en moyenne estimé à 81 euros/mois en 2011 (chiffre auquel il faudrait rajouter la valeur de l'aide informelle). En établissement, les restes à charge sont nettement plus élevés : 1578 euros/mois en moyenne. L'entrée en dépendance expose donc les individus à un risque financier important, que ce soit à domicile, dès lors que l'on tient compte du reste à charge non financier pesant sur la famille, ou en institution. Dans ce contexte, il semble légitime de réfléchir au moyen de réduire les restes à charge, particulièrement pour les individus les plus modestes. Cette communication vise à discuter du rôle et de la place que l'on souhaite faire jouer à la prévoyance individuelle dans la couverture du risque dépendance, à côté des solidarités familiales et publiques. Notre travail s'intéresse plus particulièrement au développement des couvertures assurantielles, qui permettent contre le paiement d'une cotisation mensuelle, de bénéficier d'une rente forfaitaire en cas d'entrée en dépendance. Notre communication commencera par une présentation synthétique du marché français de l'assurance dépendance et des travaux académiques étudiant les facteurs à l'origine de son faible développement. Notre communication présentera ensuite les résultats d'un projet de recherche en cours visant à analyser les comportements de sélection des risques pratiqués par les assureurs, ces derniers pouvant refuser la souscription à une assurance aux individus dont le risque d'entrée en dépendance est jugé trop élevé au regard de leurs réponses à un questionnaire de santé. Cette pratique vise à réduire le risque d'antisélection, mais pose des questions d'équité, en particulier quand les plus à risque de devenir dépendant ont moins de ressources économiques propres pour financer leur éventuelle prise en charge. Face au manque de transparence des assureurs sur leur pratique de sélection des risques, nous mobilisons les données de l'enquête SHARE, pour estimer (i) le risque moyen d'être dépendant chez les individus en âge de souscrire une assurance dépendance et (ii) son lien avec le fait de disposer d'une assurance dépendance. Nos premiers résultats, qui méritent des approfondissements, confirment que l'accès aux assurances dépendance est réservé aux personnes les moins à risque d'être dépendant.

Les politiques publiques face à la dépendance
jeudi 30 aot 2018